
Série CARNET DE VOYAGE D’UN CANADIEN AU SÉNÉGAL (CVCS) publié en articles dans le cadre du 7e anniversaire de ce voyage initiatique réalisé en février 2013 dans le cadre d’une mission militaire de formation au Sénégal. Ici, le premier article d’une série de 12.
SEN1-01 : DÉPART DU CANADA
Du froid polaire vers la poussière du désert…
D’Ottawa à Dakar en passant par Washington
PHOTOS : https://www.facebook.com/chris.cote.589/media_set?set=a.134748890037181&type=3
ARTICLE SUIVANT SEN1-02 ARRIVÉE SUR DAKAR : https://lesparolesdechris.wordpress.com/2013/02/13/sen02-dakar-dakar-ben-daccord/
1-2 fév 2013
Jour 0 – Départ d’Ottawa
Départ d’Ottawa
Je me réveille en sursaut au son du téléphone. Le cadran indique 0315am. Je décroche et une mielleuse voix robotisée me glisse gentiment à l’oreille, avec un doux accent métallique « this-is-your-wake-up-call»… C’est vrai, j’avais demandé qu’on me réveille pour être à l’heure au lobby de l’hôtel.
Il s’agit sans conteste de la nuitée la plus cher et la moins longue que je me suis offert de ma vie ! Plus de 160$ la chambre pour dix heures à peine. C’était néanmoins une bonne idée puisque nous avons pu nous reposer avant le premier vol.
Durant mes heures d’attente, j’ai écrit, et j’ai pris un bain! Oui, un bain! J’a-gni les bains!
Ben trop long! Fallait bien que je sois à l’hôtel pour ça !
Je traîne un peu dans mon lit, me lève vers 03h30, prépare du café avec-la-tite-machine-dans-les-chambres-qui-font-deux-tasses et go, descend au lobby pour rejoindre mes compagnons de voyage qui s’y trouvent déjà. Rendu là je me sers un autre café dans la machine du lobby, et à la minute ou je pose mes lèvres sur le bord du verre en carton-à-la-con, je ressens ce très caractéristique picotement qui précède toujours la venue d’un feu sauvage. Le problème avec cette merde d’herpès, c’est que je l’ai dans le sang. Lorsque le système immunitaire s’affaiblit, c’est la première manifestation concrète. C’est incroyablement rapide et puissant : une minute tu ne l’as pas, la minute d’après tu l’as. Merde que je me dis ! Je n’en ai pas eu depuis deux ans au moins, et ne suis même pas certain d’avoir emporté mon onguent magique contre les feux sauvages.
Immédiatement, dret-là en attendant la navette qui me conduit à l’aéroport, j’entreprends d’ouvrir mon bagage pour y trouver ma trousse d’hygiène. Si j’ai une chance d’avoir ma tite-crème-magique, c’est là. En ouvrant ma trousse, mon doigt accroche sur quelque chose de bizare. Je pousse et tire un peu, regarde… Merde encore ! Dans mon empressement, je viens de m’ouvrir le bout du doigt comme un con sur mon rasoir. Et là ça pisse le sang. Faaaaack ! Pis j’ai pas ma crème. Donc je me retrouve avec un feu-sauvage-pas-d’onguent et un boute-de-doigt-pas-de-plasteur-qui-saigne. Je tâche de refermer tout ça au plus vite, pour ne pas retarder mon embarquement dans la navette si elle se présente… je mets du sang partout. Faaaack again! Sti que je me trouve con. En 10 minutes, je me suis créer deux lésions, mineures, mais quand même, autant éviter toutes les lésions potentielles à infection quand tu va en Afrique ! Bon, ben je vais dealer avec.
Après quelques minutes, la navette nous conduisant à l’aéroport se présente enfin. L’air extérieur est glacial, le vent nous soulève presque de terre tellement il est intense!
Nous voilà rendu à l’aéroport pour l’interminable attente d’enregistrement des bagages et «la fouille». D’ici nous prenons un court vol bers Washington, de là l’avion pour le sénégal.
Malgré les conseils d’un ami proche qui fait du fitness, j’avais décidé de m’emmener en Afrique des produits d’entraînement, dont certains à haute teneur moléculaire. Et j’avais un petit sac particulier, qui m’insécurisait un peu, sans réelle raisons. Mais chu comme ça, sans le vouloir, chu le gars qui a tout le temps l’air coupable. Sans raisons. Quoi qu’il en soit, traversant par les E-U, je ne voulais pas prendre de risque de me faire ne serait-ce que poser des questions, c’est pourquoi je voulais juste être discret, m’ayant préparé une quantité minimale pour le voyage, et tâchant de la garder protéger de la fouille.
Malgré moi, j’ignore pourquoi, cela me fatiguait et j’y repensais sans cesse depuis la veille. J’ai donc décidé de garder le petit truc sur moi, dans mes poches, pour ensuite changer d’idée à la dernière minute à l’hôtel pour le transférer dans mon gros sac non accompagné. Mais nous entrons dans l’aéroport et la chienne me pogne. Alors que nous sommes dans la file d’attente, je décide de re-re-rechanger encore l’emplacement, et de le re-reprendre sur moi, me disant que c’est sans doute la place la plus sécuritaire. Je deviens nerveux, sachant que j’ai un truc pas net… Je farfouille pour sortir mon passeport, mon papier de confirmation de billet, en même temps j’essaie de tenir un mouchoir sur mon doigt, je suis maladroit et je veux faire vite, je mets du sang partout, ça continue à pisser ce truc là merde ! Ha Putaiiiin ! Ça prend une éternité avant de passer la première étape d’enregistrement. Donne le billet, présente le passeport, pèse les valises… Bienvenue chère bétail!
Je passe la ligne d’enregistrement pour me diriger vers la ligne de vérification des bagages. On m’envoi à gauche, à droite, chsais pas pourquoi, on dirait que je ne vais pas à la même place que les autres. Aux ordres d’un gars de sécurité, je dépose mes gros bagages sur le tapis roulant, ils en vérifient le contenu, les yeux plissés devant leur écran à radio-x. «Ok its good, please go in the line»
Je présente pour la enième fois mon billet à un gars-qui-tiens-une-tite-machine-qui-lit-les-tickets « Ho Sir! Your ticket says that you have been selected for a completed and detail search » DOOOHHH!! C’est bien ma luck ! Merde ! LÀ je deviens nerveux ! Fallait que ça tombe sur moi. Karma de marde comme dirais un de mes amis. J’ai les dessous de bras humides (non : mouillés!), ma bouche devient sèche et je ressens cette espèce d’angoisse de-gars-pas-clean-qui-sait-qu’il-est-pas-clean.
On m’indique quelle ligne aller pour une fouille détaillée, je marche doucement pour composer avec la situation, et sans hésiter, sors de la ligne pour me diriger vers la seule poubelle discrète dans un coin, me disant que j’étais à deux doigt de la glissade. L’air innocent, j’y balance le contenu de mes poches en espérant que ma manœuvre n’ai pas été remarqué par les confrères, ni les agents. Putain! Imaginez! Jme sens comme ça avec des vitamines-pas-vendues-aux-E-U! Qu-cé ce serait avec des vrais affaires pas clean !? Jvoudrais pas être un dealer !
Je marche vers l’abattoir, suant du dessous de bras, même si je sais que je n’ai plus rien de critique sur moi. Jamais je n’ai vu autant de mesures auparavant. On me fait vider mes sacs, mon ordi, mes poches, enlever mes souliers. Je met du sang sur mes billets, mon passeport, sur mes pantalons… tabarnak! On m’offre le choix : fouille manuelle ou avec la machine-à-rayon-laser-qui-voit-tout?
Ben, jva prendre la machine maintenant que j’ai pu rien à cacher. Chu quand même nerveux. Rentre dans ce truc, énorme tube, même modèle que les transpondeurs dans les films de Science fiction. Je vide toutes mes poches, je met du sang sur mes pantalons, dans mes poches, sur mon chandail, et essai de tenir mon kleenex-plein-de-taches-rouges-dégeulasses-de-sang-séché, j’y entre, lève les bras, me fais scanner. J’en ressors. Le gars qui est là me dit «sorry sir i’l have to touch you, you have something in your right pocket». Il me pointe son écran-qui-voit-tout… Bordel ! J’avais oublié de l’argent, des billets en papier dans ma poche, ainsi que deux briquets, ils l’ont vu ! Le gars reçoit un call sur son radio « Yep! I’ve seen lighter, i’l keep one» et il me montre sur son écran l’endroit très précis ou étaient mes billets, je les sors de ma poche, il tâte de nouveau. « Thanks sir have a good day » Fiouuuu que je me dis, c’est fini. J’étais mouillé, et essoufflé.
Je me vire de bord, mon sac est tout défait et un agent me demande «is it your?» Yes! Et il se met à passer sa petite machine à détecter les micro particules infinitésimale sur toutes mes affaires !! Dans le sac, sur l’ordi, partout, à l’intérieur du sac… LÀ jme met à stresser pour vrai ! Moi je sais que tout est clean, mais disons que y’a eu beaucoup de poussière sur mon ordi! Va-t-il trouver des traces de chsais-pas-quoi-douteux-comme-dans-les-films? Fuck fuck again ! Je m’énerve vraiment pour rien, mais j’pense que j’aime ça… Il met son petit grement dans l’ordi, je retiens mon souffle, sachant que c’est là ou jamais. J’ai du fun durant ces longues secondes… Je remets mes souliers, en serrant les dents. Je me lève la tête, le gars n’est plus là. Oups ! Est-il allé chercher quelqu’un ?
Je le vois se déplacer vers un autre passager. « Is it done for me sir ?» «Ho yeah, its good » Fouaaaaaa !! Pressure relief !!! Je ramasse mes bebelles, et m’en retourne joindre la file pour passer les douanes américaines. « Wow ! C’était intense hein ?» me lance une jeune fille derrière moi qui a assisté au manège. J’acquiesce avec soulagement. Tout cela s’était déroulé en 3 minutes, peut-être 5. Une éternité. Osti kchu mouillé. J’ai ri avec la fille.
Une fois les contrôles passés, tout s’est bien déroulé. Le douanier américain qui m’a accueilli a été bien gentil, m’a souhaité la bienvenue et bon voyage.
De là, il ne restait qu’une petite demie-heure avant l’embarquement pour le vol d’une heure et demie vers Washington. Dernière étape avant Dakar.
Arrivée à washington
Aéroport gigantesque, monument à la gloire de la lumière et de l’espace. Superbe architecture aérienne et dégagée.
Nous avons une dizaine d’heures à passer ici, en attente du vol vers Dakar. Par bonheur, ici aux E-U, les militaires sont appréciés, et pour leur services, des salons privés leur sont réservés dans tous les grands aéroports américains., Même si nous sommes canadiens, nous sommes militaires, et à ce titre, avons au salon de Washington. Wow! De la bouffe, salle de tv, internet WIFI, salle de repos-dodo, endroit pour serrer vos bagages et service de navette en ville pour visites. Ayoye…
Je décide de rester dans la place, profiter des installations, et écrire…
Le vol est vers 18h00, on se reprend au prochain coup de clavier…
Chris
PROCHAIN ARTICLE SEN1-02 – DAKAR DAKAR, BEN D’ACCORD : https://lesparolesdechris.wordpress.com/2013/02/13/sen02-dakar-dakar-ben-daccord/