texte rédigé à Dakar

SALL ACT SPEAK LOUD…
Ou comment le bonheur se trouve parfois au fond des petites choses…
23 fev 13
L’observation
Je suis sur-stimulé, j’ai le cœur qui palpite, la tête qui tourne…
C’est hallucinant ce que je vis ici.
Chaque jours que je vis est un enseignement absolu en matière de spiritualité, d’humilité et d’apprentissage de la vie.
La lumière qui est en moi ne demande qu’à surgir, tout en s’inspirant, en s’abreuvant à même la source de l’Univers par les mots de l’homme, par les gens qui m’entourent…
Les Dakarois (et la statistique étant si élevée que je pourrais sans doute parler des sénégalais en général), font preuve d’une vision de la vie inspirée de l’Islam, mais qui trouve dans le quotidien une application si merveilleuse, qu’elle bouleverse tous mes fondements nords-américains dans la relation vis-à-vis de son prochain, basée elle-même sur le monde judéo-chrétien.
Tous les jours, je m’offre des bains de conversations extraordinaires, nourrissantes et intéressantes avec les gens de la place. Ils sont des géants dans leur humilité. Cette humilité économique et sociale justement, qui est la source de leur recherche constante de réconfort dans quelque chose de plus grand que soit.
La capacité de se tourner vers l’extérieur pour chercher du réconfort, de la force, et même un sens à ses actions projette les gens dans une dimension humaine, développée 100 fois comme la nôtre. Notre perception de la vie basée sur une approche économique et sur une relation à l’argent pour combler un vide de conscience de soi nous isole de la vrai source de satisfaction et de bien-être, que sont notre entourage, les gens.
Je conforte (confronte/présente/constate/observe) ici tous les jours une vision qui a besoin de l’autre pour donner un sens à son existence. Jusqu’à date, ce que j’observe de la vision musulmane est beaucoup plus pragmatique et compréhensive que je ne l’aurais imaginé.
Il est vrai que Dakar, et le Sénégal, ne sont pas représentatifs de TOUT le monde islamique, mais l’application faite ici de la religion n’est nullement une menace pour quiconque d’une autre religion, bien au contraire. Et eux-mêmes ne sont pas d’accord avec ce que projettent les combattants du Mali, ou de n’importe où dans le monde qui se battent au nom de l’islam.
Constat
Je crois qu’il faudrait les emmener à se déclarer eux-mêmes d’une frange différente de ces combattants menteurs. Un ami d’ici, Tafsir, m’a même dit que selon lui, ces générateurs de souffrance et de mort au nom d’une vision religieuse n’étaient pas de vrais musulmans.
Alors! que jme dis, mais pourquoi ne pas développer, renommer simplement les deux différents islam ! Imaginez que le monde pacifique islamo-chrétien gagne la guerre de la terreur simplement en s’accordant sur l’intention face à l’autre, décimant ainsi la nature de la séparation idéologique. Par les mots, suivit d’actions, nous pouvons évoluer et nous accorder avec notre entourage, personnes ou États.
Les gens d’ici prônent une approche compréhensive, un mode d’action par l’accomplissement de soi dans le travail, loin d’une passivité apparente. On prônent que l’on grandit dans les épreuves, on y tire les leçons de la vie plutôt que de se plaindre de son sort. Loin des radicaux qui accusent l’occident de tous les maux.
La compréhension des leçons
Kevin Parent, le chanteur, disait un jour dans une entrevue que, malheureusement, on ne créait pas dans le bonheur, car trop confortable. La source de l’inspiration venait des moments difficiles de sa vie. «Quand chu trop ben chproduit pas» avec son accent gaspésien. Cela m’avait choqué, je trouvais ça triste d’avoir besoin d’être dans la souffrance pour ressentir. Il n’est pas agréable, au commencement de votre vie, de vous faire dire que vous devrez rencontrer des épreuves pour grandir. Mais j’ai tôt fait de saisir l’essence de ce que cela voulait dire, en reconnaissant que c’est dans la réflexion qui suit la souffrance que l’on tire la sagesse des expériences vécues, les leçons de La Vie™.
Pour cela il doit y avoir souffrance, déchirement et bouleversement, sinon, nous ne sommes pas porté à nous arrêter pour réfléchir. On est juste «bien», et qui a besoin de se remettre en question quand il est bien ? Le confort matériel entraîne la paresse de l’âme.
À l’inverse, le fait d’avoir à subir tous les jours des épreuves, vous rend reconnaissant des petites facilités qui vous rendent justement, la vie plus facile. Lorsque vous n’avez pas d’eau chaude, de chauffage ou de compte en banque, vous êtes juste contant de pouvoir profiter des petits privilèges qu’offre l’existence de façon fortuites et impromptues.
En fait, cela vous emmène à les rechercher, et à reconnaitre les signes de destinée dans le quotidien. Les musulmans pratiquants d’ici appellent simplement cela Dieu, Allah dans leur cas.
Selon les observateurs d’ici, les choses bonnes ou mauvaises qui arrivent, lorsque résultant de la volonté divine, prennent une autre dimension et vous ramènent à votre pleine mesure : nous sommes petits devant Lui, tout en étant Lui, l’autre, vous, Moi… Tout revient à s’ouvrir à l’autre en passant par l’acceptation de Dieu dans un ordre des choses, dans une conception de la vie qui enlève une sorte de culpabilité ou de responsabilité ou plutôt du pouvoir que l’on a sur la vie.
Tout en agissant tous les jours pour agir et assumer la volonté supérieure, les choses qui se produisent sont voulues. On te protège ou te puni. Vous vivez sous l’œil d’un Tout conscient, qui par votre propre conscience à vous, vous punit ou vous soulage par les expériences quotidiennes.
Moi, j’appelle cela l’Univers. Il y a de grands parallèles à créer entre une vision «décorporée» de la religiosité, et l’approche millénaire enveloppée dans les mots du Coran.
Pour mon ami Isma, Magnifique esprit éclairé par la main de Dieu lui-même, Allah ne fait souffrir que ceux qu’il aime, car c’est dans cette souffrance que l’homme se tourne justement vers Lui. Et c’est là que se situe toute la ligne de fracture entre NOTRE vision, et LEUR vision. C’est dans la relation dynamique à la souffrance ou au bien-être, défini par l’approche de Dieu.
À tous les jours, l’Univers me parle par la bouche de Isma le Magnifique. Sans cesse à travers ses mots j’entends, je vois des images claires et éblouissantes même, de messages passés ou présents qui me sont adressés par Le Réseau Supérieur.
Entre autre, des gens d’ici m’ont renommé Souleyman, du nom du prophète qui entendait et parlait le langage des oiseaux et des insectes, et du vent et de la vie… et cela m’a fait réfléchir à toutes ces fois ou, dans des actions de la nature, dans un vol d’oiseau, un mouvement d’insecte ou le chant de la nature, j’entends , la confirmation de mes pensées ou la bénédiction de mes choix. Cela m’est encore arrivé aujourd’hui. En parlant très profondément avec Tafsir, un esprit très ancré à sa religion, nous avons évoqué des sujets capitaux pour lui, sur l’atteinte de sa destinée, et à un point stratégique de la conversation, est apparue une mouche, qui marchait. Mais pas juste un peu, elle est apparue sur le bras de Taf, il l’a soufflé, elle a marché jusqu’à moi, en faisant un long et ardu détour, pour se ramasser exactement sous mes fesses. Tout ça sans voler. Elle était si remarquable, que nous nous sommes interrompus pour l’observer. Ni lui ni moi n’avions jamais vu une mouche se comporter ainsi. C’est ça le genre de signe, une anomalie sortie de nulle part pour vous faire prendre conscience du moment, un truc qui vous dépasse, et que vous pourrez voir, ou non. Mais c’est là, et ça vous confirme que vous êtes connecté à La Source, et sur le bon chemin. L’unicité et la singularité du signe souligne peut-être même l’importance à lui accorder.
D’un point de vue rationnel il serait aisé de dire qu’en fait, à rechercher les symboles on les vois, mais d’un point de vue mystique, il serait aussi aisé de dire que L’univers lui-même nous parle par le mouvement de La Vie, dans les petites choses. À nous de voir.
Small Act Speak Loud.
Chris
Note :
Voir texte anecdotique intitulé «LE WASHER» qui porte sur le sujet. (PAS ENCORE PUBLIÉ)
Voir texte En Votre Âme et Conscience (pas encore publiée 0 Fev 2013)