SUJET : Récit de chambre d’hôpital (pas loin d’être meilleur que STATS)
CATÉGORIE : Récit.
PERTINENCE : Pas tant à matin
IMPORTANCE : Bah, surtout pour le plaisir d’une lecture matinale de Costa
LUDICITÉ : Quand même, mais pas tant. Mais cest de la bonne « parole de Chris »
TEMPS DE LECTURE : 5-8 min, banal.
Mise à jour 17 oct 23 – cet article a d’abord été publié sur Facebook. Donc quelques références peuvent différer.
Salut les amis
J’avais écrit un texte sur la souffrance, celle physique qui oblige l’abnégation mentale des signaux d’alarme de vos capteurs de douleur, pour au contraire les maîtriser à l’encontre de tous vos instincts… mais c’était trop douloureux et cru de lucidité pour être publié ici.
J’ai tellement eu mal hier, que je ne dirai rien, à part une belle cassette vous faisant état que j’ai un nouveau beau grand tube dans le bras du coude au cœur via les artères, et que aujourd’hui je devrais avoir une petite intervention dans yeule qui nous conduira vers l’arc-en-ciel de saveurs bacon et sugar-krisps.
**Voir la photo en accompagnement…
J’ai trop eu mal pour en parler, donc cela devrait suffire (C’est fou, je pense que je viens de vous pitchers 3-4 pages en 1 paragraphe) afin de diverger vers l’histoire d’une autre personne qui me servira d’appât pour vous mettre le sang à la bouche en attendant…
Cette entrée vers l’enfer se fait en douceur comme dans Walt Disney par l’histoire d’une gentille dame qui finit par des monstres et des dragons sous le lit.
C’est une approche romancée, mais qui facilitera votre vision du monstre.
Donc…
Au retour d’une longue balade hors de ma chambre, après 22h30, je constate qu’une nouvelle locataire a pris la place de mon vieux monsieur, qui après s’être fait voler tout son caca par les infirmière, a eu son congé rectal pour retourner à son foyer d’ainé muni d’une couche culotte.
Par courtoisie, je me suis présenté et nous avons échangé quelques politesses. Vous savez, l’on ne peu vivre à deux humains dans une chambre de 20 mètres carrés sans au moins connaître le nom de votre voisin/e. Après 9 jours, j’en était à mon 4e chambreur après-tout.
Cette mere de famille apparement à la mi trentaine, qui était toute éveillée et bien tenue, souffrait d’un problème quelconque immunitaire, et arrivait d’un autre étage de l’hôpital, mais en étant dejà admise depuis 3 jours, selon ma compréhension.
Elle était déjà branchée sur une machine identique à la mienne.
Sauf que la sienne sonne au moindre souffle.
On es deux. Moi je suis là depuis 9 jours, et elle arrive, avec une alarme qui part à toute les quelques minutes.
Au deuxième cycle d’alarme qui a pété, ça a sonné, sonné…
on es deux, séparé par un rideau…
et ça sonne.
J’enlève me écouleurs, regarde la machine au travers le rideau avec mes yeux lasers en attendant soit que quelqu’un vienne, soit que ça arrête, soit qu’elle l’arrête…
Ça sonne…
BIIIP BIIIP BIIIP BIIIP
BIIIP BIIIP BIIIP BIIIP
Personne…
« On ne laissera pas ça sonner, vous êtes d’accord? » que je demande au travers la membrane.
« Non bien sur, je ne veux Pas endurer ca cette nuit » me répond t-elle.
Super! je me lève, traverse le rideau et lui demande si je peu m’approcher en expliquant mes mouvements pour la rassurer.
« en premier lieu me permettez-vous de simplement taire l’alarme avec le bouton silencieux ? Juste ici.. »
« Oui ». J’appuie.
Silence. Enfin.
Mais l’écran continue de flasher en rouge. Ça sonnera à nouveau dans 30 secondes.
– L’alarme indique « occlusion » madame, donc le liquide ne passe pas.
– Je sais, dès que je bouge le bras, ca sonne.
– Peut-être devriez-vous demander une infirmière pour revoir la tubulure ?
– Je crois oui.
Et elle appuie sur sa sonnette qui flash au poste de surveillante, une infirmière arrive.
Elles discutent…
Comme moi, elle et branchée pour un cycle intraveineux, mais contrairement à moi, avait son cathéter branché dans une veine « au pied du coude » (J’ai entendu ca ici), c’est à dire dans le pli du coude, ce qui avait pour conséquence de se bloquer au moindre mouvement et de déclanher l’alarme de la pompe.
La première infirmière a été là au moins 8 min sans arriver à régler le problème, et c’est quand la superviseur du département est intervenue que j’ai assisté à l’événement qui m’a absolument confirmé la validité absolue du texte très douloureux que j’ai écrit, mais que je ne peu partager ici pour sa dureté, car nous vivions la MÊME situation…
Longue mise en place, mais vous comprendrez…
L’infirmière d’expérience prend donc le relais de la plus jeune avec beaucoup de délicatesse. Comme si c’était tout naturel. Superbe.
Contrairement à l’autre qui taponne dans la machine depuis tout ce temps, en deux secondes elle indique la cause du problème.
« C’est parce que vous êtes piqué dans le pied du coude, ça arrive tout le temps. A cet endroit, quand les gens plient le coude, ça ne passe plus, il faudrait garder le bras le plus droit possible. Mais on va essayer de drainer ça et de vous le faire fonctionner »
L’infirmière rassurante révise toute la tubulure, repositionne la dame, rien à faire. Ca ne passe pas bien.
« On peu venir douze fois durant la nuit pour arrêter l’alarme madame si ça sonne douze fois »
Je me dis @$#£% non c’est pas vrai !
« Mais on peu aussi essayer de vous repiquer. Voulez-vous qu’on essaie un autre endroit? »
« J’ai eu un cancer du sang et on ne peu utiliser le bras gauche. »
Ils ont cherché des veines, sans succès
« Voudriez-vous qu’on essaie ailleurs? »
« Ok, essayons, mais on essaie une seule fois. S’il n’y a pas de sang, on ne s’acharne pas svp. J’en ai assez des pics-pics. Ca arrête pas de faire mal et je n’en peu plus… Depuis trois jours ils ratent la veine et depuis sept ans j’ai eu le cancer, je suis épuisée des douleurs. »
Et j’ai senti la détresse dans la voix de cette femme.
Et là j’ai compris que tous n’ont pas de belles veines visibles et accessibles en surface comme les miennes. Plutôt cette semaine, il y a même une infirmière qui est venu les yeux ronds en voyant mon bras et elle a dit « si tous les patients avaient des belles veines comme vous, ce serait tellement facile » dans un large sourire.
Mais même là, j’avais pas trop compris. Vous savez, on es qui on es, et parfois on pense qu’on es tous pareil… avec un corps « parfait ».
Mais bon…
Ils ont fait un essai sur la dame après avoir cherché longtemps « non pas ici, pas ce bras non plus, non la main ne fonctionne pas, et le poignet est trop fragile… »
Elles finissent pas trouver un bout apparent quelque part et courageusement la patiente prend un grand respire et donne le Go.
La bonne infirmière perce la peau.
« Aye aye aye – svp! Est-ce qu’il y a du sang qui sors ? »
– non je suis désolé, ça ne coule pas
– Alors c’est assez on arrête !
My god j’avais mal pour elle.
Moi qui VIENT de pogner (mon) fond hier en souffrant le calvaire sur une table pendant que des gens se relaient pour trouver mes artères « parfaites », trop profondes, trop dures et trop serrées…
J’ai SENTI son mal, sa détresse.
Et j’ai INTÉGRÉ le concept dont je vous parlerai dans un autre texte pour sa violence faite au corps…
Donc pour l’immédiat, c’était ÇA ma pièce de sang.
Comment on arrive à un épuisement et une terreur de la douleur à répétition…
La suite de ce texte sera publié sur mon blog WORDRESS « Les Paroles de Chris » un peu plus tard ou quand je serai sorti de l’hopital.
Le lien sera publié ici, et si vous liker CETTE publication vous serez informé en temps et lieux de sa suite.
Nous parlerons de l’empathie nécessaire à la souffrance des autres.
Pour l’immédiat, bonne journée.
Moi je me fais gratter l’os de la mâchoire aujourd’hui. Selon toutes probabilités, je sors de l’hôpital mercredi.
PROCHAIN TEXTE
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